La naissance finale du HipHop

La mort du HipHop : Ces derniers temps, on en parle beaucoup. Bien sûr, ce thème est lié au dernier album de Nas, « HipHop is dead », mais aussi à la situation du rap et du HipHop au niveau commercial et médiatique. Patrick Ifonge, fondateur de Forum HipHop, plateforme d'information et de développement de la culture HipHop donne son point de vue.

Par P.I

Le HipHop est-il mort ? Il est difficile de répondre à cette simple question par un oui ou par un non. Ceux qui répondent oui ont, en partie raison, mais ont aussi en partie tort. Ceux qui répondent non, ont raison, d'une certaine manière, mais ils n'ont pas tout à fait raison non plus. Tout dépend de la manière dont on perçoit, comprend, interprète et vit le HipHop.

Oui, le HipHop est mort, en tant que musique. Hank Shocklee (Bomb Squad, Public Enemy) dit que s'il n'y a plus challenge, s'il n'y a plus de créativité, il n'y a plus du HipHop. Et bien, quand on regarde la télé ou quand on écoute la radio, voire même lorsqu'on lit les magazines ou journaux majeurs, on ne peut que constater la mort du HipHop. On tourne en rond, toujours les mêmes lyrics, toujours les mêmes types de vidéos, toujours les mêmes sons, toujours les mêmes têtes, toujours les mes artistes d'ailleurs… Tout cela aboutit une sorte d'overdose. Une mort par overdose en quelque sorte.

Oui, le HipHop est mort, en tant que musique, parce que les disques ne se vendent plus… Enfin, les ventes chutent, ça n'intéresse plus le public. Donc, sur cet angle là aussi, on peut annoncer la mort du HipHop. Tout a été dit et entendu.

Oui, le HipHop est mort. Parce que tout le monde cherche à en profiter, mais personne ne cherche à le faire évoluer, ne veut en prendre soin. Un peu comme une vache qu'on ne nourrit pas mais qu'on ne cesse de traire. A force de ne voir le HipHop que comme marche pied, tremplin, bouée de sauvetage, ou vache à lait, justement, on l'a tué. Et les meurtriers sont beaucoup plus nombreux qu'on ne le pense. Les artistes, les producteurs, les labels, les promoteurs, les médias, le public, les institutionnels… tous ont contribué à sa mort.

Non. Le HipHop n'est pas mort. Tout simplement, parce qu'il n'est jamais né en fin de compte. Le HipHop a émergé. Le HipHop n'est pas quelque chose de tangible, de saisissable. C'est un état d'esprit, c'est une
culture. Il est en chacun de nous, enfin ceux qui sont HipHop. Tant que nous sommes là, tant que nous serons animés par l'esprit HipHop, tant que nous serons soucieux de la culture HipHop, le HipHop sera là. Si tu prétends être HipHop comment le HipHop peut-il être mort ?

Pourquoi le combat continue


IL Y A DE LA DISCRIMINATION ET du racisme dans l’accès à l’emploi, dans le monde du travail, dans l’éducation, dans l’accès au logement, dans la santé, au niveau de la justice et de la police... “Les gens de couleurs” sont dénigrés et humiliés par les média, les hommes politiques et les représentants de l’état. Et que fait-on dans le HipHop? Que dit-on dans le HipHop? Qu’il faut (continuer de) accuser et se focaliser sur les extrémistes et l’extrême droite? Non…Je dis danger. Je dis danger parce que le combat est ailleurs. Le combat, il est dans la responsabilité individuelle et sociale, dans la recherche d’autonomie et d’auto-organisation ainsi que dans la nécessité de faire un effort de mémoire. Ce combat, le HipHop se doit aussi de le mener. Ce combat, le MAI (Mouvement Autonome de l’Immigration) et Said Bouamama le mènent au quotidien. Explications avec ce dernier, sociologue et écrivain et activiste.

Les mixtapes sont illégales!

Le syndicat américain du disque (RIAA, Recording Industry Association of America et l’équivalent du syndicat nationale de l’édition phonographique) a décidé de frapper fort. En janvier dernier, il a envoyé la police d’Atlanta dans les locaux d’Aphiliates music group. Armée, comme s’elle avait affaire à un cartel de la drogue, la police est venue tout saisir, plus de 80 000 CDs, des voitures, des appareils d'enregistrement, et d'autres biens encore, et pas seulement des biens, vu qu’ils ont arrêté aussi les boss du label DJ Drama et DJ Cannon.
DJ Drama, est le DJ chouchou de l’industrie du disque rap, actuellement. Basé à Atlanta, dans le sud des Etats-Unis, il a gagné ses galons de favori de l’underground du sud et de l’industrie avec sa série de mixtapes « Gangsta Grillz » (TI, Young Jeezy et Don Cannon s’y sont révélés, entre autres). Les mixtapes de DJ Drama sont devenus très importants dans la carrière des artistes aujourd’hui, ça fait même partie du plan de promotion des artistes, les maisons de disques payant même DJ Drama pour produire ces mixtapes. Alors pourquoi cette arrestation ?
Non, non, non, il ne s’agit pas d’une conspiration de l’industrie du disque contre le HipHop… Non, la police n’a pas confondu DJ Drama et sa clique, avec des gangsters à cause du nom de sa mixtape… Non. La police les a arrêté parce qu’ils produisent et vendent des mixtapes tout simplement. Et bien, oui. Il faut avoir en tête que les mixtapes sont illégales.

Street-CDs en question ?

Combien de street-cds (on peut dire aussi mixtapes), un artiste doit-il sortir avant de sortir son premier album ? alors que sont annoncés les premiers albums de Saigon (The greatest story never told) et de Papoose (Nacirema Dream), qui a eux deux, ont déjà sorti plus d’une vingtaine de street-cds, la question mérite d’être posée.

Depuis que 50 cent a explosé suite à ses différents street-CDs, il semblerait que le mot d’ordre dans le rap, pour la majorité des rappeurs et pas seulement, est d’investir le marché des street-CDs. Seulement, aujourd’hui, le street-CD pose problème. Ils comportent des morceaux originaux, des sons originaux, des visuels travaillés comme des albums, ils bénéficient d’une communication et d’une exposition qui n’à rien à envier à celles des albums et en plus, ils sont vendus comme des albums et aux mêmes endroits.

Prix Media des Diversités

Pour info, j'ai été nomminé pour le prix du meilleur article dans la catégorie des articles de la "presse écrite" française (de 3 000 à 10 000 signes) dans le cadre du Prix média des diversités initié par l'Institut Panos. L'article sélectionné est "Pourquoi le combat continue".

Les prix seront remis le 31 janvier 2007 dans les locaux de Radio France à Paris à partir de 19h30, lors d'une cérémonie suivi d'un cocktail.

Diversité et représentation politique : A remixer

Samedi, 28 octobre 2006 Paris. Cette date aurait pu être une date charnière, dans l’évolution de la dynamique politique en France. Il n’en a rien été… Je m’explique. En cette date donc, le 28 octobre 2006, j’ai assisté au colloque « Diversité et représentation politique », organisé conjointement par le Haut Conseil de l’Intégration et l’agence pour la cohésion sociale et l’égalité des chances, à l’institut des Etudes Politiques de Paris. Deux tables rondes y étaient organisées « Les partis politiques intègrent-ils », et « Diversité : la représentation politique en Panne ». Les responsables des principaux partis politiques y étaient invités (mais 2 seulement sont venus, les autres ont envoyé leurs représentants), ainsi que des chercheurs, des journalistes et des spécialistes des tendances. La salle était comble, 1200 personnes à ce que j’ai entendu, un samedi matin à 8h30, pas mal non ? En tout cas, cela montre que la thématique intéresse et interpelle et est au cœur de l’actualité. A priori, on aurait pu penser que toutes les conditions étaient réunies pour qu’on crève les abcès et qu’on aborde les vrais enjeux et les alternatives pour le changement…

Quel est le problème avec le musée du HipHop ?

Cold Crush (© Joe Conzo)

Le conseil municipal de New York a décidé d’allouer 1,5 millions de dollars pour la création du premier musée du HipHop (prévu pour 2008 voire 2009), dans le Bronx, d’où il a émergé il y a une trentaine d’année. Jusque là, OK, merci pour la culture HipHop, c’est une forme de reconnaissance. Seulement, l’annonce ne s’arrête pas là. Les membres (enfin l’un d’entre eux) ont clairement fait savoir, au début du mois d’août, que le gangsta rap sera exclu de ce musée. Et c’est là que la controverse naît et, depuis, fait rage. Nombreux acteurs et fans de HipHop s’insurgent contre cette décision…

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